28 septembre 2010
Knock/knock
/ Entrez sans frapper \
(faites commes chez vous)
Chère, très chère..
(il y a très longtemps, dans le parc, toi & moi)
« Je l’ai regardée, dans son imperméable noir, sous son parapluie brillant de pluie. Elle attendait sur le quai que les portes se referment, que mon visage disparaisse avec le train. Son sourire était teinté d’inquiétude, ses yeux plissés par la bruine. Elle remuait les lèvres, me faisant signe de l’appeler. « Tu sais maman, je ne suis pas encore partie ». Lui ai-je dit. Elle s’est avancée, en secouant la tête, et m’a répondu : « ça va venir ». »
Dans tes yeux, j'ai toujours dix ans.
[Photos]
29 septembre 2010
Printemps
« Devant le banc, il y avait un étang. Une petite étendue d’eau claire, entourée de joncs qui clapotait joyeusement. Lorsqu’on se penchait, on pouvait voir le fond, tapissé de cailloux blancs. Les jours de vent frais, les joncs sifflaient des airs de printemps, des airs de renouveau aux poissons. Et ces écailleux habitants reprenaient en cœur ces mélodies d’antan. »
(Extrait 1) Printemps est un peu trop évasive.
Ete
« Devant ce banc se trouvait un étang. Un miroir scintillant où résonnaient les soupirs des amants. Les grenouilles sautant follement, se chuchotaient des chants d’amour. Et parfois les jours de doux vent, les roseaux murmuraient des comptines, des comptines d'enfants. »
(Extrait 1) Eté est déprimante.
Automne
« Devant un banc se trouvait un étang. Il était baigné d’une lueur crépusculaire amenée par les fées où je me perdais souvent. Flânant au bord de son eau aux ondes cuivrées et blondes, je suivais le sentier m’abandonnant aux douces mélopées des ombres. Les jours de vent, on pouvait entendre les feuilles pleurer et tomber lentement, dans une valse lancinante, sur la surface ridée des eaux de l’étang. »
(Extrait 1) Automne est parano.
Hiver
« Devant mon banc se trouvait un étang. Une grande flaque gelée, entourée de joncs rachitiques. Les enfants s’amusaient à marcher dessus et, bien souvent, tombaient dedans. Par les jours de grand vent, la glace semblait gémir en craquant. Quel spectacle affreux et désolant. »
(Extrait 1) Hiver est une petite peste.
« Sensitive Note »
Le Toucquet 2010 (du noir & blanc sur une plage grise, c'est redondant)
« Mon cœur bat si vite, si fort. Je le sens palpiter dans ma gorge. Le siège est inconfortable, le dossier est trop rigide, le revêtement sent la poussière et la sueur, ça me démange. Il faut que je me lève. Il faut que je bouge. Je suis pressée. Mais j’ai si peur. Je veux te voir. Mais j’aimerais quitter cette gare.
Le haut-parleur grésille et une voix annonce : « Mesdames et messieurs, le train de 11h24 en provenance de Paris va entrer en gare, voie 9, merci de… ».
Je n’écoute plus, mes oreilles bourdonnent. J’entends déjà le crissement du train. Je vois déjà la foule. Je me sens oppressée. Mon cœur bat la chamade. Je le sens gonfler dans ma poitrine puis se rétracter. Cette attente est insupportable. Mais j’aimerais qu’elle dure toujours. Je marche rapidement vers le quai. Pourquoi y-a-t-il autant de monde aujourd’hui ? Les gens me bousculent. J’ai l’impression qu’ils courent. Est-ce moi qui marche lentement ? Pourquoi y-a-t-il autant de monde ? Et si tu ne me voyais pas ? Si je faisais demi-tour… ? Pourquoi me suis-je arrêtée ?
J’entends le train qui s’arrête, le crissement des freins. Je vois la foule descendre du train, de loin. Je cherche ton visage. Mais je préfère fermer les yeux. Je fais un pas en avant. Puis me résigne. Je veux te voir. La rue s’étale devant moi et dehors il fait froid. »
(Extrait 1-Intro) Uhu, le présent, comme temps narratif, j'aime pas !
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11 novembre 2010
« Focus »
« Un chien grogna. Une femme rit aux éclats. Un jeune homme trébucha. Et un enfant se retourna. Tout ça simultanément. Contenus dans le même instant. A l’étroit dans le même moment. Le monde s’entassait dans le temps. Combien de rires ? combien de chants ? combien de larmes ? combien de gens ? vivent et meurent dans cette instant ? Ils devaient être serrés tous ces habitants, se disputant un peu de place, le monopole de l’attention. Qui regarder ? Qui ignorer ? Sur quoi devrais-je me focaliser ? Tant d’actions et si peu de temps. »
"Time is ticking out.."


